Le stop qui a tué Julie et blessé sa soeur Aurélie était-il masqué ?C'est comme un mauvais cauchemarque les jours qui passent n'apaisent pas. Gérard Chevrier est un père qui vit depuis un mois en enfer. Un enfer pavé de tristes horizons et de filles absentes. L'une, Julie, 22 ans, s'en est allée le 18 novembre au petit matin, mortellement fauchée au volant de sa Peugeot 106 par l'inconscience d'un automobiliste qui remontait la rue de Rome en sens inverse et à vive allure. L'autre, Aurélie, sa soeur jumelle, a survécu à ses blessures malgré de lourds traumatismes. Elle doit sortir de l'hôpital ce week-end. Mais rien n'est plus comme avant.
Comment pourrait-il en être autrement ? "C'est invivable. C'est quelque chose qu'on ne peut pas expliquer, résume Gérard Chevrier. C'est tellement inconcevable de perdre un enfant. On est programmé pour enterrer un père, une mère, à la rigueur un frère ou une soeur, mais une fille ?"
Les deux soeurs étaient tellement unies, jumelles jusqu'au bout des ongles. L'une en école d'infirmières à Aubenas, l'autre étudiante en ostéopathie. Julie revenait toutes les semaines à Marseille, au foyer, pour voir sa soeur. Si l'enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes de l'accident, Gérard Chevrier est retourné plusieurs fois sur les lieux de l'accident. Il a lui-même constaté que "le stop était masqué".
"D'ailleurs, pourquoi la Ville de Marseille ne l'a-t-elle toujours pas nettoyé, un mois après ? s'agace-t-il. On attend quoi. Un autre accident mortel ?" Sa fille n'a-t-elle pas vu le stop? "Ma femme est constamment en pleurs. On n'arrive pas à accepter." Du conducteur fou, Gérard Chevrier aurait aimé recevoir un petit mot, une lettre d'excuses, un souffle d'humanité. Il n'a à ce jour rien vu venir. Et les fêtes qui approchent ne font que réveiller un coeur qui saigne.
Par Denis Trossero ( dtrossero@laprovence-presse.fr )